La guerre contre la drogue a été maintes fois dénoncée depuis les années 1990, et cela avec un retentissement mondial. On pense à la publication en 2012 de l’ouvrage de référence de Michelle Alexander – intitulé "The new Jim Crow" - dans lequel l’avocate et militante des droits civiques et de la justice raciale dénonce l’incarcération de masse aux USA qui touche tout particulièrement les noirs américains. Un enfermement découlant, lui, tout naturellement de la criminalisation de masse de la drogue et plus particulièrement de la cocaïne consommée sous forme de « crack ».
Selon une véritable « logique sudiste » et sous prétexte de lutte contre la drogue, l’administration de Nixon a mis en place un système de répression ethnique et politique d’une efficacité redoutable en 1971, ce système il a été labélisé « war on drugs ». Selon Michelle Alexander cette guerre déclarée à la drogue est, après l’esclavage et la ségrégation, l’avatar contemporain du racisme institutionnalisé des Etats-Unis d’Amérique.
La lutte contre la drogue cache-t-elle une nouvelle forme de racisme institutionnalisé contre les noirs ?
Une chose est sûre, en 30 ans, la population carcérale a été multipliée par cinq, passant de 300.000 à plus de deux millions d’habitants. Parmi lesquels 60% de noirs et d’hispaniques. Et au cœur de cette explosion : la guerre antidrogue, qui compte pour deux tiers dans cette augmentation.
Dans quelle mesure la drogue continue-t-elle d’être utilisée pour discriminer et exclure les minorités ? Les deux mandats de Barack Obama ont-ils constitués un revirement en la matière ? Et que pourrait changer l’arrivée de Donald Trump en la matière ? Que peut-on attendre, également, des conclusions de l’ONU qui, en avril dernier, déclarait qu’une logique strictement punitive était contre-productive ? Les politiques internationales en matière de drogue ont-elles été réformées depuis ? Peut-on, enfin, attendre des avancées dans le domaine ?
Une émission préparée par Clémence Allezard.