Les nouvelles du meilleur des mondes débutent par un milliardaire tout-puissant qui fait régner l’ordre et aussi une certaine forme de terreur au sein de son nouveau jouet à l’effigie d’un oiseau bleu. Il s’agit bien d’Elon Musk, qui après avoir nourri un feuilleton médiatique sans fin autour du rachat de Twitter pour 44 milliards de dollars, passe maintenant des paroles aux actes avec brutalité.
Propriétaire du réseau social depuis à peine une semaine, le milliardaire a déjà renvoyé le patron Parag Agrawal et une grande partie des cadres dirigeants pour s’offrir les pleins pouvoirs. Aujourd’hui, ce sont 7 500 employés qui sont menacés : Elon Musk a annoncé par un simple mail interne vouloir en licencier la moitié. Certains d’entre eux ont vu leurs mots de passe changés, et l’accès à leurs bureaux désactivés.
Accompagné de développeurs chez Tesla, Elon Musk tri dès à présent les bons et mauvais élèves. Ainsi, peu de salariés peuvent entrer au siège du réseau social, devenu une forteresse, où des têtes sont coupées.
La résistance s’organise par exemple, des annonceurs publicitaires entendent boycotter la plateforme. Parions que cela ne durera pas. Un collectif de salariés a déposé une plainte collective devant le tribunal fédéral de San Francisco pour violation de la loi américaine. En effet, ce licenciement massif se déroule sans aucun préavis.
Promouvoir la liberté d’expression et la défense du peuple en se comportant comme un dictateur, Elon Musk rejoue une sombre chanson et ce n’est malheureusement qu’un triste début.
Quand Facebook joue aussi au jeu des licenciements
Toujours chez les géants d’internet, Facebook vient aussi d’annoncer la suppression de plusieurs postes qui concerne son service d’actualité : Facebook News France.
À partir du 1er janvier 2023, une dizaine de CDD seront supprimés dans notre pays, des contrats de journalistes qui étaient chargés jusque-là de sélectionner et d’éditer des articles de presse. Un contrat finalement confié à une filiale de l’AFP. Facebook entend réduire ainsi ses coûts et délaisse le champ de l’information, un domaine qui ne semble pas être sa priorité. Le même service aux États-Unis en partenariat avec le New York Times, est également sur la sellette et devrait bientôt s’arrêter.
Savez-vous par qui ces journalistes de chair et d’os vont-ils être remplacés ? Par des algorithmes évidemment ! Voilà qui ne devrait pas arranger la prolifération de fake news. Après tout, depuis quand la désinformation est-elle un problème pour Facebook ?
Nos données sont une ressource, TikTok et le régime Chinois le savent
On termine ces nouvelles par un aveu formulé par TikTok. Le réseau social chinois reconnaît que les données des utilisateurs européens peuvent être consultées par un nombre restreint de personnes dans plusieurs pays, dont la Chine ! Voilà qui met fin à une suspicion tenace depuis l’essor de la plateforme. Nous pouvons enfin affirmer que Pékin a un droit de regard sur les données des occidentaux de TikTok. La porosité entre le régime communiste et les entreprises n’est aujourd’hui plus à démontrer. Si TikTok l’affirme aujourd’hui publiquement, c’est sans doute pour anticiper et éviter une éventuelle sanction européenne.
Musk qui licencie à tour de bras, Facebook qui supprime des journalistes pour des algorithmes et les données des TikTokers occidentaux en accès direct à Pékin, pas de doute, vous êtes bien dans le Meilleur des mondes !